L’ancien site d’AZF de Toulouse va accueillir une immense centrale photovoltaïque

Le site d’AZF, en convalescence depuis l’accident survenu dans l’usine pétrochimique en 2001, fait office d’un projet urbain d’envergure. En effet, une gigantesque centrale photovoltaïque au sol va être construite sur ce vaste terrain.

Maquette de la centrale photovoltaïque

Maquette de la centrale photovoltaïque à Toulouse – © Urbasolar

Ce projet est porté par le groupe Urbasolar, premier spécialiste français du photovoltaïque. Présent dans le monde entier avec 500 centrales photovoltaïques, le groupe engage 160 salariés pour un chiffre d’affaires de 125 millions d’euros pour le dernier exercice. Urbasolar renforce sa présence à Toulouse avec ce projet énergétique ambitieux, mais compte également cinq chantiers en cours dans la même zone que la ZAC d’Oncopole.

La plus grande centrale photovoltaïque en milieu urbain de France

La directrice générale d’Urbasolar, Stéphanie Andrieu, détaille ce gigantesque projet en quelques chiffres :

  • La taille du terrain réhabilité représente 25 hectares de panneaux photovoltaïques.
  • Cela représente un peu moins de 35 000 panneaux photovoltaïques.
  • La production d’énergie annuelle est estimée à 19 350 MWh.
  • La centrale produira une énergie qui permettra de fournir en consommation annuelle l’équivalent de plus de 4 000 foyers.
  • La livraison du parc solaire est prévue dans un délai très court puisqu’on estime qu’elle sera en service d’ici 6 mois, soit au début du prochain printemps.

Ces chiffres parlent d’eux-mêmes pour comprendre l’ampleur de ce projet d’aménagement solaire. Réaliser un parc solaire au sein même d’une ville comme Toulouse est une fierté pour l’entreprise spécialiste du solaire photovoltaïque, mais aussi pour la ville qui pourra se targuer de posséder la plus grande centrale solaire en milieu urbain.

Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse, a déjà posé le premier panneau le mercredi 28 août.

Une utilité trouvée au foncier des anciennes usines AZF

Le terrain est encore extrêmement pollué, de plus il est situé dans une zone inondable faible. Ces causes très problématiques empêchent tout projet immobilier d’habitation ou tout projet tertiaire en raison des risques qui y sont liés. Cependant, ce gigantesque terrain de la ville rose, en friche depuis la catastrophe de l’explosion de l’ancienne usine AZF, va enfin retrouver une utilité qui de plus, sera écologique. Voilà de quoi revaloriser un terrain sur lequel l’on se demandait quel pouvait être son utilité. Certains évoquaient la possibilité d’en faire un espace naturel qui serait, par la suite, ouvert au public, mais le fait que le terrain soit très pollué a été rédhibitoire.

Pour répondre au problème de la pollution du sol et des inondations, les acteurs du projet ont décidé de surélever les panneaux solaires à l’aide de pieux insérés dans le sol. Les panneaux seront ainsi à 1,20 mètres du sol au minimum.

Ce projet de panneaux solaires intègre aussi une dimension esthétique non-négligée. Bien que l’intérêt écologique soit le plus important dans ce projet, on pourrait s’attendre que la pose de tous ces panneaux créée une sorte de “pollution visuelle”, mais il n’en sera rien. En effet, en accord avec les Architectes et Bâtiments de France, le projet intégrera des panneaux colorés qui viendront s’insérer entre les panneaux solaires afin de créer des effets visuels. Ces mêmes effets varieront en fonction de l’angle de vision. On pourra observer cette idée de design à travers l’avion ou bien avec le futur téléphérique toulousain par exemple.

Un partenariat public-privé ainsi qu’une participation citoyenne

Avec ces contraintes et la taille importante du projet, le coût de cette opération est estimé à 12,4 millions d’euros. De multiples acteurs participent à ce financement, c’est un grand partenariat qui regroupe des acteurs privés et des acteurs publics. On peut citer évidemment Urbasolar et Toulouse Métropole, mais il y a aussi la régie municipale d’électricité de Toulouse, l’Agence régionale de l’énergie et la coopérative Citoy’enR. Cette dernière va d’ailleurs permettre aux Toulousains de pouvoir investir dans la centrale. La SCIC (Société Coopérative d’Intérêt Collectif) va récolter l’investissement des Toulousains qui le souhaitent à hauteur de 5 % du projet. Des citoyens de la ville seront ainsi en partie propriétaire via la coopérative.

Que cela soit pour l’écoquartier de la Cartoucherie ou pour le projet de 3e ligne de métro à haute qualité environnementale ou encore pour le futur téléphérique qui est un moyen de transport peu polluant, la ville de Toulouse continue à élaborer ses projets dans une optique écologique et de production d’énergie renouvelable, depuis plusieurs années maintenant.

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