Pourquoi l’arrivée d’un quartier d’affaires à Toulouse devient vitale ?

Alors que la ville toulousaine poursuit son important développement économique, l’offre d’immobilier de bureaux reste insuffisante. Le futur quartier d’affaires de Toulouse devrait permettre à la métropole toulousaine à passer dans une nouvelle aire, cependant, il existe des mécontentements de la part d’une partie de la population sur les nouveaux projets de construction et notamment, la Tour d’Occitanie.

Vue sur Toulouse et son pont

Immobilier de bureaux à Toulouse : du potentiel mais une offre insuffisante

Sans prendre en compte la ville de Paris, qui est incomparable aux villes de province, Toulouse se classe troisième cette année en terme d’offre d’immobilier de bureaux. La ville rose est derrière Lille et Lyon, mais elle se positionne tout de même devant la ville de Bordeaux :

  1. Lille (254 000 m²)
  2. Lyon (220 000 m²)
  3. Toulouse (150 000 m²)
  4. Bordeaux (99 500 m²)

On observe, malgré cette troisième place prometteuse, que Toulouse est encore bien loin du marché dynamique de Lille ou Lyon. La grande différence avec ces deux grandes villes est le fait que Toulouse détient une offre insuffisante dans son centre-ville alors que Lille et Lyon possède un quartier d’affaires en plein expansion. “Euralille 3000” est le projet de Lille qui va permettre de donner un nouveau souffle à son quartier d’affaires “Euralille”, créé depuis 20 ans. Ainsi, on attend environ 120 000 m² supplémentaires de surfaces de bureaux. La ville de Lyon prévoit également un projet gigantesque avec la volonté d’avoir 650 000 m² de bureaux supplémentaires dans le quartier de la Part-Dieu d’ici une dizaine d’années.

Une offre trop dispersée :

Sans son quartier d’affaire, Toulouse ne peut donc pas rivaliser avec ces villes. C’est regrettable, d’autant plus que le potentiel économique de la ville est très fort avec notamment une demande dans l’immobilier de bureaux toujours aussi soutenue et des stocks en baisse. L’offre de bureaux à Toulouse doit s’agrandir au plus vite, mais surtout, ne doit pas se disperser. En effet, le fait de ne pas avoir un quartier d’affaires disperse l’offre de bureaux dans la métropole toulousaine.

Dernièrement, en centre-ville, on compte l’arrivée du nouveau siège social d’Oppidéa et de JFrog (3 777 m² supplémentaires), mais aussi le nouveau siège social de Latécoère à la Roseraie (12 750 m²). En dehors de ça, il faut se diriger vers des territoires en croissance aux abords de la ville pour voir l’immobilier de bureaux être dynamique. Il y a par exemple les communes de Labège et Montaudran à l’est qui sont très dynamiques ou encore vers la zone aéroportuaire à l’ouest de la ville.

La Tour d'Occitanie est le futur symbole du quartier d'affaires de Toulouse

La Tour d’Occitanie est le futur symbole du quartier d’affaires de Toulouse

La croissance de Toulouse encourage l’arrivée d’un quartier d’affaires

Si la demande sur le marché de l’immobilier d’entreprise est aussi soutenue à Toulouse, c’est notamment grâce à une croissance économique dopée par l’industrie aéronautique et spatiale. En tant que capitale et pionnier dans ce domaine plein d’avenir, Toulouse est nettement devant ses voisins du Sud (Bordeaux et Montpellier) en terme de puissance économique. Pour comparaison, Toulouse compte 400 000 emplois salariés, soit 40 000 de plus que Bordeaux.

La ville rose voit de nombreux nouveaux habitants, attirés chaque année par les opportunités d’emplois. On compte en moyenne, 5 000 gains d’emplois nets tous les ans dans la métropole. Ce chiffre lui a notamment permis de se placer en tant que quatrième métropole française. Fort de son industrie aéronautique et spatiale, Toulouse se positionne également sur le secteur d’avenir des nouvelles technologies. La ville rose compte un grand nombre d’universités, de startups et de laboratoires de recherches, c’est une véritable terre d’innovation qui n’a pas tardé à attirer une entreprise des plus innovantes de ces dernières années : Hyperloop TT.

D’ailleurs, la métropole toulousaine sort du lot même à l’échelle européenne puisqu’elle se classe dans les 10 aires urbaines européennes en termes de croissance économique par an. On estime qu’il y a une croissance de 2,9 % par an pour le PIB par habitant, c’est le baromètre Eurostat Urban Europe qui a publié cette enquête.

Toulouse se place parmi les métropoles les plus innovantes en entrant dans le Top 6 Européen. C’est une métropole toujours plus proche de ses habitants, qui ne cesse jamais d’inventer et d’innover », Jean-Luc Moudenc, président de Toulouse métropole”.

Un nouveau recours contre la Tour Occitanie

La ville de Toulouse a mis en place le projet majeur d’aménagement urbain TESO. Ce vaste projet de réhabilitation autour de la gare Matabiau, prévoit la construction de la plus grande tour de Toulouse : la tour Occitanie. Cette tour végétalisée s’élevant à 150 mètres est censée être le symbole du renouveau du quartier de Toulouse-Matabiau et permettre enfin à Toulouse d’avoir son quartier d’affaires.

Cependant, la construction de la tour n’est pas vue d’un bon œil par tous les habitants et un collectif a déposé un recours sur le permis de construire en début de mois d’octobre. Le groupement “Non au gratte-ciel de Toulouse” s’est exprimé via son porte-parole, Richard Mebaoudj :

“Cette modification adoptée sans enquête publique exonère le promoteur de construire une trentaine de logements sociaux et réduit ses obligations en termes de stationnement vélo”.

Il y a également l’association “2 pieds 2 roues” qui va déposer un recours par rapport à la diminution des places de vélo pour le projet.

Cette tour jugée contre-productive sur le plan social par certains habitants devrait faire l’objet de débats lors des mois à venir. Il paraît évident que Toulouse a besoin d’avoir son quartier d’affaires mais sans la tour Occitanie, c’est tout le projet Toulouse EuroSudOuest (TESO) qui est remis en question…

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